202020Mai

Les maladies des valves cardiaques nécessitent généralement comme traitement une intervention, que cela soit pour une dilatation ou qu’il s’agisse d’une opération qui vise à réparer ou remplacer la valve cardiaque souffrante. Mais les médicaments peuvent s’avérer également utiles, notamment en prévention d’une endocardite infectieuse.

Traitement des maladies des valves cardiaques : la prévention

La prévention se veut essentielle dans le traitement des maladies des valves cardiaques, par exemple en cas d’endocardite infectieuse, se caractérisant par l’infection des valves cardiaques ou des prothèses valvulaires, et pouvant nécessiter un traitement par antibiotiques. Des précautions particulières sont de rigueur lors des gestes susceptibles de provoquer des infections (soin dentaire, exploration par fibroscopie et certains gestes chirurgicaux).

Il existe d’autres mesures préventives communes à tous les problèmes de santé cardio-vasculaires comme les règles hygiéno-diététiques qui consistent à s’alimenter de façon équilibrée afin d’éviter l’embonpoint, en mangeant peu salé pour rendre plus facile le travail du cœur, et pratiquer une activité physique basée sur l’endurance (vélo, marche, natation).

Le traitement par les médicaments venant accompagner la prise en charge des maladies des valves cardiaques concerne les problèmes de santé y étant liés : anti-coagulants en cas de troubles du rythme avec risque d’embolie (fibrillation auriculaire) et médicaments visant à traiter les problèmes d’insuffisance cardiaque (diurétique, digitalique, inhibiteur d’enzyme de conversion).

Important : en cas de cardiopathie, il est recommandé de demander à votre cardiologue une carte de cardo-prévention. Vous devez la garder en permanence sur vous et la présenter de façon systématique à votre chirurgien-dentiste, votre médecin traitant ainsi qu’aux spécialistes que vous consultez en cas d’hospitalisation.

Maladies des valves cardiaques et cardiologie interventionnelle

Certaines maladies des valves cardiaques, de type rétrécissements, peuvent maintenant se traiter par la technique dite interventionnelle, aussi appelée « intervention par voie cutanée », c’est à dire sans qu’il n’y ait besoin d’ouvrir le cœur. Cette technique consiste en l’introduction d’une sonde équipée d’un ballonnet dégonflé dans une artère (dilatation de la valve aortique) ou veine (dilatation d’une valve mitrale ou pulmonaire).

Lorsqu’il a été positionné sur la valve obstruée, le ballonnet est gonflé durant quelques secondes afin que le pression puisse permettre de faire dilater la valve trop rétrécie, et il est ensuite retiré. Il s’agit d’une technique de dilatation qui n’est cependant pas envisageable en cas de fuite liée au rétrécissement ou si l’état de la valve ne le permet.

La pose de prothèses valvulaires par voire cutanée semble être une technique efficace pour traiter le rétrécissement aortique calcifié. Celle-ci n’est est toutefois utilisée que dans quelques centres, cela dans un cadre de protocole d’évaluation. Notez qu’elle ne viendra pas remplacer la chirurgie mais permettra un traitement des patients présentant des risques trop élevés de recevoir une intervention chirurgicale.

La chirurgie cardiaque dans le traitement des maladies des valves cardiaques

Dans les deux types de maladies des valves cardiaques, le rétrécissement aortique et l’insuffisance mitrale, la cardiologie interventionnelle ne s’avère pas adaptée et il est alors nécessaire de recourir à un acte chirurgical pour réaliser une réparation ou un remplacement de la valve défectueuse.

La chirurgie réparatrice

Le cœur est ouvert de façon à atteindre la valve mitrale via l’oreillette gauche. Le chirurgien procède ainsi à une analyse plus précise qu’avec l’échocardiographie passée préalablement. Une fois la cause de l’insuffisance cardiaque décelée, il décide de la technique qu’il doit adopter selon le(s) constituant(s) de la valve atteint. Une fois les constituants de la valve réparés, il met en place un anneau prothétique visant la consolidation de la chirurgie réparatrice et redonnant à l’anneau sa forme initiale en traitant la dilatation afin de lui donner les dimensions normales.

L’acte de chirurgie réparatrice ne concerne que les personnes souffrant d’insuffisance mitrale, avec une réparation qui consiste au rétablissement de l’étanchéité de la valve fuyant. Cette intervention a lieu à cœur ouvert et arrêté avec circulation extra-corporelle.

Il faut savoir que les techniques réparatrices sont généralement employées, tout d’abord, chez les enfants, dans leurs premières années de vie. Une réparation offre la possibilité de ne pas avoir les inconvénients en lien avec une valve artificielle, comme par exemple la calcification précoce des valves biologiques et le traitement anticoagulant difficile à équilibrer, dont notamment les ré-interventions multiples qu’imposerait l’absence de croissance de la prothèse.

Dans les pays occidentaux, ces techniques sont utilisées uniquement pour les cas de malformation congénitale.

Le chirurgien peut travailler de façon isolée ou en association sur l’anneau (zone d’attache de la valve du cœur), le tissu valvulaire (voile que l’ont peut diminuer ou élargir) ainsi que les cordages et piliers (haubans pouvant être allongés ou raccourcis). En cas de résultat non concluant, le chirurgien peut décider de procéder à un remplacement de la valve par une prothèse.

Le remplacement valvulaire

Un acte chirurgical de remplacement des valves concerne les cas de rétrécissement aortique et mitral, l’insuffisance aortique ainsi que toute forme d’insuffisance mitrale ne pouvant être réparée. Une intervention chirurgicale se réalise aux mêmes conditions qu’une réparation et de nombreux moyens tels que la robotique et l’imagerie sont utilisés afin de limiter le caractère agressif de l’acte chirurgical à cœur ouvert et permettre ainsi une amélioration de la qualité des suites opératoires. Deux types de substituts valvulaires sont existants : prothèse mécanique et prothèse biologique.

Les prothèses mécaniques

Si les prothèses mécaniques furent tout d’abord à bille, puis à disque, elles sont aujourd’hui à ailettes. Les prothèses à doubles ailettes employées actuellement ont la forme d’un disque séparé en son milieu par deux hémi-disques pivotants.

Le principal avantage des valves mécaniques est qu’elles ne peuvent s’altérer avec le temps. Toutefois, cela nécessite un traitement anti-coagulant, à surveiller de façon régulière par des tests de coagulation (INR).

Les prothèses biologiques

Étant donné qu’elles se constituent de tissu naturel, les valves biologiques ne nécessitent aucunement, quant à elles, d’un traitement anti-coagulant. Mais elles se dégradent avec le temps et nécessitent alors une nouvelle intervention, à terme.

Notez que 97 % des valves biologiques se veulent des bioprothèses qui se constituent de tissus d’origine animale : il s’agit de péricarde de veau ou valve aortique de porc se fixant grâce à une solution permettant d’éviter toute réaction de rejet. Les 3 % restants se constituent d’homogreffes (valves humaines prélevées sur les cadavres humains et cryopréservées) et d’autogreffes (la valve pulmonaire normale du patient est utilisée ici pour un remplacement d’orifice aortique atteinte, l’orifice pulmonaire étant appareillée avec une homogreffe). Le recours à ces homogreffes se fait dans les cas les plus compliqués et permettent de traiter les endocardites complexes.

Surveillance et durée de vie

La prothèse mécanique a, en théorie, une durée de vie théoriquement illimitée. Elle nécessite un traitement anticoagulant, se surveillent de façon régulière par des tests de coagulation (INR). Sans une surveillance et adaptation en temps réel du traitement anti-coagulant, le patient est exposé aux risques de thromboembolie et d’hémorragie qui peuvent causer de graves accidents neurologiques.

La bioprothèse ne nécessite aucunement de traitement anti-coagulant mais sa durée de vie limitée peut constituer des problèmes. Celle-ci reste toutefois la valve étant la plus utilisée pour corriger l’une des maladies des valves cardiaques les plus fréquemment observées en France : le rétrécissement calcifié serré du sujet de plus de 70 ans.




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