212020Août

La syncope d’origine cardiovasculaire désigne une perte de connaissance et de tonus postural survenant soudainement. Le plus souvent, il s’en suit rapidement et spontanément un retour à un état de conscience normal. Du fait d’une brutale réduction du débit sanguin dans les artères entraînant une privation d’oxygène, la syncope s’associe avec une baisse importante de la tension artérielle ainsi qu’un affaiblissement du pouls, voire sa disparition. Touchant tous types de populations (âge et sexe y compris), elle peut s’avérer un signe avant coureur du décès subit d’un adulte par arrêt cardiaque.

Syncope d’origine cardiovasculaire : les causes

Plusieurs facteurs peuvent causer la perte de connaissance :

  • Passer trop rapidement à la position debout
  • Rester debout de façon prolongée
  • Être épuisé
  • Tout trouble ou stress affectif
  • Une chaleur trop importante
  • L’arythmie cardiaque
  • Un problème de santé ou certains médicaments

Selon les études réalisées, cette perte de connaissance n’est toutefois pas grave dans 50 % des cas. Afin de s’en assurer, il existe une urgence de bien identifier la cause car, dans le cas contraire la syncope peut être la manifestation d’un grave problème de santé, notamment cardiaque.

Les symptômes

En général, une syncope a lieu en position debout. Elle peut survenir brutalement ou être précédée de sensations d’engourdissement, de sueur, de nausée et d’une baisse de la vision. En cas de perte de connaissance durant un exercice physique ou en cas de vertige, de palpitation cardiaque ou encore si vous avez l’impression de faire une crise cardiaque, il est important de consulter sans attendre un médecin.

Conséquences et impact

Si on ne peut pas toujours expliquer certaines causes de syncope anodines, les syncopes d’origine cardiovasculaire, notamment celles liées à une arythmie cardiaque, font partie des causes les plus graves. Il peut exister un sérieux risque de récidive pouvant s’associer à un décès brutal. Pour un peu plus de 30 % des récidives, la syncope est d’origine rythmique et survient brutalement en s’accompagnant de traumatismes. Des syncopes survenant de façon récurrente et restant inexpliquées peuvent fortement dégrader la qualité de vie, en mettant notamment en jeu le pronostic vital.

Diagnostic

La syncope reste un symptôme généralement non bien identifié et sous interprété. Pour éviter toute récidive et s’assurer qu’elle n’est pas la manifestation d’un grave problème, notamment cardiaque, il est primordial de déceler rapidement son origine.

Interrogatoire, examen clinique et électrocardiogramme

Une évaluation initiale, à partir de simples examens, permet de diagnostiquer la plupart des cas de syncope. Celle-ci doit comporter :

  • Un interrogatoire devant indiquer les caractères de la syncope (fréquence, circonstances de survenue), les antécédents médicaux et les traitements en cours.
  • Un examen clinique complet mettant en évidence l’existence ou non d’une cardiopathie.
  • Un électrocardiogramme (ECG) enregistrant l’activité électrique du cœur.

Évaluation complémentaire

Dans le cas où l’évaluation initiale n’est pas suffisante, il sera nécessaire de réaliser une seconde évaluation consistant en des examens cardiologiques plus poussés, selon le diagnostic pensé :

Le Holter ou enregistrement ECG de longue durée, permettant de connaître l’ECG continu sur une période de 48 heures.

L’enregistreur externe d’événements cardiaques, permettant un enregistrement de l’ECG simple durant quelques minutes quand la personne ressent des symptômes ou quand des arythmies cardiaques préprogrammées ont lieu.

Le test d’inclinaison, pouvant prouver l’existence de syncopes d’origine vaso-vagale. Effectué en cas de syncopes inexpliquées, ce test permet de vérifier l’état du système nerveux dans sa capacité à réagir aux variations de position.

Les examens neurologiques : afin d’éliminer un problème d’ordre neurologique, un électroencéphalogramme ou un scanner cérébral peuvent être réalisés pour enregistrer l’activité électrique du cerveau.

L’exploration électrophysiologique endocavitaire, correspondant à un ECG enregistré dans le cœur et s’adressant aux personnes dont on suspecte des troubles du rythme cardiaque.

Le moniteur cardiaque implantable, employé pour diagnostiquer toute syncope récurrente inexpliquée, et permettant d’exclure l’arythmie comme cause de la syncope.

Comment traiter une syncope ?

Afin de prévenir des épisodes de syncope, de simples changements de mode de vie tels que boire plus d’eau s’avèrent efficaces. Il existe aussi certains médicaments adaptés à cela. Si votre médecin traitant peut penser que vos syncopes sont dues à un problème cardiaque, alors un monitoring du rythme cardiaque pourra l’aider à mettre en place le traitement qui soit le plus adapté.

Modifier son style de vie

Selon la cause des syncopes, de simples changements d’habitudes de vie peuvent aider à les prévenir :

  • Éviter tout déclencheur potentiel, comme l’environnement chaud, rester debout de façon prolongée, se déshydrater, ainsi que la prise de certains médicaments.
  • Boire suffisamment d’eau et ne pas faire d’excès de sel
  • Porter des bas de contention
  • Éviter de changer de position trop brusquement

Traitement médicamenteux

Si les changements de style de vie cités ci-haut ne sont pas suffisants pour prévenir les syncopes, alors votre médecin traitant pourra vous prescrire des médicaments. Il est important de bien déterminer la cause des syncopes afin d’être en mesure de recommander le traitement médicamenteux qui soit le plus approprié à la pathologie.

Traitement syncope d’origine cardiovasculaire

Si le médecin pense que les syncopes sont d’origine cardiovasculaire, telle qu’une anomalie du rythme cardiaque, il peut alors faire la prescription d’examens complémentaires ainsi qu’une surveillance cardiaque qui aidera à connaître la cause. L’implantation d’un moniteur cardiaque permettra au médecin de savoir si la cause de vos syncopes se veut une anomalie du rythme cardiaque. Le traitement d’une syncope d’origine cardiovasculaire peut comporter des changements d’habitudes de vie, la prise de médicaments adaptés, un stimulateur cardiaque, l’implantation d’un défibrillateur ou encore une ablation. Le médecin doit décider du traitement à administrer en fonction de la pathologie.

Le moniteur cardiaque implantable

En cas de syncopes inexpliquées peu fréquentes, le médecin pourra vous prescrire l’implantation d’un moniteur cardiaque afin d’enregistrer l’activité de votre muscle cardiaque durant une période prolongée. Suite à la survenance de la prochaine syncope, le médecin téléchargera alors les informations du moniteur et pourra ainsi déterminer si les syncopes sont causées par un rythme cardiaque irrégulier.

Qu’est-ce qu’un moniteur cardiaque implantable?

Un moniteur cardiaque implantable se veut un petit appareil surveillant et contrôlant de façon permanente le rythme cardiaque en l’enregistrant automatiquement ou alors lors de son activation par un appareil portatif nommé « assistant patient ». Le procédé d’implantation est simple et peu invasif. Le moniteur est positionné en sous-cutané lors d’une anesthésie locale, et nécessite une incision d’en moyenne 1 cm au niveau de la face antérieure du thorax.

3 éléments composent ce système :

Le moniteur ECG implantable : se présentant sous la forme d’un boîtier de petite taille (comme une clé USB), il est inséré sous la peau au niveau du thorax. Il est équipé de deux électrodes qui permettent une détection continue sur 36 mois de l’ECG de surface.

L’assistant patient : le système implique aussi de porter un boîtier externe à toujours avoir avec soi. Celui-ci permet de figer l’enregistrement d’un ECG en cas de nouvelle syncope ou quand des symptômes tels que des palpitations se font ressentir. Cet appareil est doté d’une mémoire déroulante permettant un enregistrement des 6 minutes précédant l’activation, cela pour que la patient ou une personne de son entourage puisse avoir le temps d’utiliser l’activateur après une syncope.

Le programmateur : après l’implantation du moniteur cardiaque, le médecin peut lancer sa programmation et l’interroger grâce à un programmateur et une tête de télémétrie qui permettent d’échanger les informations à travers la peau.

Le moniteur cardiaque implantable dispose d’une programmation visant en la surveillance permanente de l’activité cardiaque sous la forme d’un électrocardiogramme (ECG). En cas de survenance d’une syncope, le patient ou l’un de ses proches doit immédiatement positionner un petit activateur portatif sur le moniteur cardiaque et appuyer sur un bouton, ce qui entraîne le déclenchement par l’appareil des signaux cardiaques avant, pendant et après la syncope inexpliquée. Le moniteur cardiaque implantable peut également disposer d’une programmation permettant un enregistrement automatique des anomalies du rythme cardiaque.

Avantages et risques

Grâce à la surveillance des battements cardiaques avant, pendant et après une syncope, le médecin peut déterminer si elle est en lien ou non avec une arythmie cardiaque. Le moniteur cardiaque implantable est en général proposé à deux types de personnes :

Les personnes qui présentent des antécédents ou des signes cliniques qui favorisent les risques d’arythmie cardiaque.
Les personnes qui ressentent des symptômes transitoires pouvant être liées à une arythmie cardiaque.

Une utilisation précoce du moniteur cardiaque implantable permet de mettre en œuvre des traitements ciblés et efficaces pour les personnes qui souffrent de syncopes neurocardiogéniques, ce qui réduit alors le risque de récidives. Les opérations chirurgicales présentent dans l’ensemble toutes des risques. En effet, étant donné que le moniteur est implanté juste sous la peau, il existe un risque d’infection (faible), de déplacement de l’appareil et/ou de sensibilité au matériau du moniteur cardiaque.




Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *