182020Mar

Les valvulopathies cardiaques désignent un problème de santé touchant les valvules cardiaques. Celles-ci ne fonctionnent plus correctement : elles ne s’ouvrent et se ferment plus complètement et obligent le cœur à pomper avec plus de force à chaque battement.

Valvulopathies cardiaques : lorsque les valvules cardiaques peinent à bien fonctionner

Les valvulopathies cardiaques sont des affections des valvules cardiaques. L’endocarde est une tissu tapissant l’intérieur des cavités cardiaques et formant les valvules au niveau des orifices. Lorsque ce tissu est atteint, cela peut alors entraîner des lésions prédominant sur les valvules – les valvulopathies cardiaques – ou encore une endocardite fibreuse (très rare).

Les valvules permettent de réguler le débit de sang dans les cavités du cœur. Si toutes les valvules peuvent être touchées, ce sont en général celles du côté gauche du cœur : mitrales (entre oreillette et ventricule) et aortiques (entre le ventricule et l’aorte). Il peut alors exister un rétrécissement de l’orifice ou, inversement, une insuffisance cardiaque (impossibilité de fermeture complète des valvules), cela obligeant le cœur à pomper avec plus de force à chaque battement.

Valvulopathies cardiaques : les symptômes

Il peut arriver que la valvulopathie soit asymptomatique. Si tel est le cas, c’est seulement grâce à l’utilisation d’un stéthoscope que l’on peut déceler de façon audible un souffle au cœur et ainsi identifier cette valvulopathie.

Les symptômes pouvant être ressentis sont les suivants :

Un essoufflement
Un étourdissement ou évanouissement
Des douleurs ou pressions au niveau de la poitrine
Des palpitations
Une fatigue et faiblesse physique
Une enflure des pieds, chevilles ou de l’abdomen

Les différentes causes de valvulopathie cardiaque

Les valvulopathies inflammatoires

Ce type de valvulopathie est provoqué par un rhumatisme articulaire aigu, cela étant la conséquence d’une angine non bien traitée. Cette affection rhumatismale atteint l’ensemble des tissus conjonctifs et donc aux trois tuniques cardiaques (péricarde, myocarde et endocarde). C’est lorsque l’endocarde est atteint que cela rend les valvulopathies cardiaques graves à long terme.

Après la phase aiguë du rhumatisme articulaire aigu, il survient alors, parfois des années plus tard, une phase chronique durant laquelle se constituent des cicatrices fibreuses qui entraînent des rétractions et épaississements au niveau des valvules et des cordages, cela provoquant des rétrécissements des orifices ou encore des défauts d’étanchéité (insuffisance).

En cas de rétrécissement, une différence de pression se fait entre les cavités d’amont et d’aval permettant normalement de préserver un bon débit sanguin, cela causant alors un bruit de souffle ou de roulement lors de l’auscultation.

En cas d’insuffisance valvulaire, on peut également entendre un bruit particulier indiquant une fuite sanguine.

Les valvulopathies cardiaques sont dites compensées ou décompensées en fonction du fait qu’elles soient ou non compliquées par une insuffisance cardiaque.

Les valvulopathies infectieuses

Les valvulopathies infectieuses (endocardite aiguë ou subaiguë d’Osler) sont causées par un germe présent dans le sang et se fixant sur une valve. Cela crée alors un abcès s’ulcérant et s’entourant de végétations qui provoquent des lésions mutilantes (perforation, destruction…).

Le germe provient généralement d’une infection dentaire, des sinus, ORL, gynécologique ou autre foyer infectieux, et se fixe sur une valvule, surtout si elle est déjà endommagée. L’endocardite bactérienne peut être aiguë (endocardite septicémique) ou subaiguë, larvée (endocardite maligne lente d’Osler).

Dans certains cas, comme par exemple dans celui d’une insuffisance ventriculaire gauche, il peut y avoir une distension mécanique de l’anneau valvulaire, avec une dilatation permanente du cœur provoquant une distension de la valve mitrale et provoque une insuffisance mitrale.

Les valvulopathies dégénératives

Les valvulopathies cardiaques dégénératives désignent une altération des tissus des valves n’ayant pas d’origine inflammatoire ou infectieuse mais avec une dégradation des fibres conjonctives et élastiques ainsi que l’accumulation de différentes substances. Il s’agit là de la première cause d’insuffisance mitrale (insuffisance aortique et de sténose aortique de l’adulte).

Le diagnostic d’une valvulopathie

Le diagnostic d’une valvulopathie cardiaque peut se réaliser à partir de différents examens :

Une échocardiographie, qui apporte des données sur l’état des valvules et sur le flux sanguin au niveau du cœur
Une électrocardiographie, qui est effectuée pour déceler des troubles du rythme cardiaque
Une radiographie pulmonaire, permettant l’observation de la taille et de la forme du cœur
Un cathétérisme cardiaque pour identifier d’éventuels vaisseaux rétrécis ou bloqués
Une épreuve d’effort pour évaluer l’état des fonctions cardiaques
Une imagerie par résonance magnétique donnant une vision détaillée des cavités cardiaques et des vaisseaux sanguins

Le traitement d’une valvulopathie

Les valvulopathies cardiaques peuvent se traiter de différentes façons.

Traitement médicamenteux

Les symptômes d’une valvulopathie sont le plus souvent traités à l’aide de divers médicaments :

Les antagonistes des récepteurs de l’angiotensine ou inhibiteurs de l’ECA qui sont utilisés pour faire baisser la tension artérielle
Les bêta-bloquants qui permettent un ralentissement du rythme cardiaque
Les antiarythmiques qui maintiennent un bon rythme cardiaque
Les anticoagulants ayant un rôle de prévention contre la formation de caillots
Les diurétiques qui permettent d’éliminer l’excès de liquides dans le corps

Traitement chirurgical

Une chirurgie valvulaire peut servir dans la réparation ou le remplacement d’une valvule défectueuse si elle risque d’endommager d’autres parties du cœur. Moins invasive, l’intervention par cathéter peut être envisagée.

Hygiène de vie

En cas de valvulopathie, l’hygiène de vie est de rigueur :

En cas de surpoids, perdre du poids
Avoir une alimentation équilibrée et réduire la consommation de sel
Surveiller son taux de cholestérol
Réduire son apport en graisses animales
Pratiquer une activité physique de façon régulière
Ne pas fumer




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